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Le modèle de production des Fermes Debout, décrypté

Une Ferme Debout, c’est un modèle de production unique, qui permet de produire 1000 tonnes de légumes bio cultivés en pleine terre par an, tout en prenant soin des maraîchers et maraîchères. Comment relevons-nous le défi d’une production agroécologique diversifiée à échelle tout en réduisant la pénibilité et la complexité opérationnelle ? On vous explique tout !

Le plan masse d’une Ferme Debout type de 20 hectares

Concevoir une Ferme Debout, c'est avant tout trouver le bon équilibre.

Nos fermes agroécologiques ont besoin d'une grande diversité, de cultures, d'espèces, d'habitats, pour bien fonctionner. Mais qui dit diversité dit complexité. Notre défi : tirer le meilleur de cette richesse tout en gardant des opérations maraîchères efficaces et rentables.

En agroécologie, l'idée de base est simple : on remplace les intrants chimiques par la nature elle-même. On s'appuie sur ce que l'environnement offre naturellement, les auxiliaires de culture qui protègent les cultures et favorisent la pollinisation, la biodiversité qui régule les équilibres, l'eau, la lumière, pour produire durablement et laisser le système s'autoréguler au maximum.

Chaque ferme est donc conçue pour optimiser trois choses à la fois : la production de légumes, la biodiversité et l'efficacité des opérations.

💡 Concrètement, une Ferme Debout de 20 hectares c'est :
- 11 ha sous serre
- 6.5 ha dédiés à la biodiversité
dont 1,5 ha de bassins d'infiltration pour être en quasi-autonomie en eau
- 0.5 ha de culture en plein champ
- 2 ha de base vie
et surface artificialisée

Chaque mètre carré a sa raison d'être. Rien n'est laissé au hasard.

6.5 hectares de biodiversité

Sur une Ferme Debout, la biodiversité n'est pas un bonus, c'est notre outil principal de production.

En s'appuyant sur les équilibres naturels, la ferme n’a pas besoin d’avoir recours aux pesticides de synthèse. Le principe est simple : certains insectes sont nos alliés, car ils s'attaquent naturellement aux espèces qui menacent les cultures. La coccinelle par exemple dévore les pucerons, tandis que les minuscules guêpes parasitoïdes vont pondre directement leurs œufs dans les pucerons, afin que leurs larves s'y développent..

Pour que ça fonctionne, il faut créer les conditions d'accueil : de la nourriture, des abris, des corridors que la faune peut emprunter librement.

💡 Sur chaque ferme, cela se traduit concrètement par des aménagements biodiversité pensés pour notre production agroécologique à échelle
- 9,5 km de bandes fleuries à l'intérieur des serres
(3 800 m²) et 3,5 km à l'extérieur (3 500 m²), avec un minimum de 10 espèces semées — jusqu'à 30 en extérieur
- 4 hectares
de prairies
- 500 m2
de vergers
- 400 m² de mares minimum
pour accueillir amphibiens, insectes et oiseaux
- 1 000 mètres linéaires de haies
plantées pour constituer de véritables corridors de biodiversité
- 1,5 ha de bassins d'infiltration
pour réguler les flux d'eau sur la parcelle
- Des abris variés
: spirales à insectes, hibernaculums, abris amphibiens, arbres fruitiers

→ Résultat : un écosystème vivant, qui se régule en grande partie tout seul — et qui travaille main dans la main avec les maraîchers.

L'eau : une ressource précieuse, gérée à la goutte près

Dans un contexte de dérèglement climatique, la question de l'eau est centrale pour tout maraîcher. Chez Les Fermes Debout, on y a réfléchi dès la conception. Dans les deux sens, le manque d'eau, mais aussi le trop plein.

Premier avantage de la culture sous serre : elle permet de s'affranchir en grande partie des aléas climatiques. Trop de pluie ? Une canicule ? Peu importe, chaque plante reçoit exactement la quantité d'eau dont elle a besoin, au moment où elle en a besoin, grâce à un système de goutte-à-goutte piloté avec précision. Zéro gaspillage, zéro stress hydrique.

Mais la vraie force du modèle, c'est l'autonomie. Chaque ferme est conçue pour collecter, stocker et réutiliser l'eau de pluie récupérée sur les toits des serres, y compris lors d’épisodes de fortes pluies :

💡
- 12 citernes de 1 000 m³ chacune
— soit 12 000 m³ de capacité de stockage par ferme
1,5 hectare de bassins d'orage et d'infiltration
pour gérer les excès d'eau et recharger les nappes naturellement

→ Résultat : une ferme qui consomme le minimum, produit sans gaspiller, et s'adapte aux contraintes climatiques plutôt que de les subir.

Une production diversifiée, à échelle

- minimum 50 variétés
- minimum 20 espèces
- 12 mois à l’année en production
- 1000 tonnes de légumes produits par an
- Equivalent de 20 000 élèves nourris en cantine
Notre calendrier de production type

La diversité des cultures par serres

Pour arriver à ce niveau de production à échelle, Les Fermes Debout s'appuient sur des principes d'assolement rigoureux : une organisation précise et planifiée des cultures dans l'espace et dans le temps, pour maintenir la fertilité des sols, limiter l'incidences des maladies et ravageurs et optimiser chaque mètre carré cultivé.Concrètement, ça se traduit par quelques règles simples :

  • Toutes les espèces sont présentes dans chaque serre, pour garantir la diversité partout, tout le temps
  • Les cultures sont organisées en damier au sein de chaque serre, réparties individuellement ou en petits groupes, pour trouver le meilleur équilibre entre richesse agronomique et efficacité opérationnelle
  • Chaque espace entre les jardins est semé en bandes fleuries, la biodiversité est intégrée directement dans l'espace de production
  • Sur une même planche, deux espèces ne se succèdent jamais, deux familles botaniques identiques non plus, et 3 à 4 espèces différentes se succèdent sur une même planche au cours d'une année

→ Le résultat : un système vivant, varié, productif — qui nourrit le sol autant qu'il produit des légumes.

Vu du logiciel de pilotage sur la diversité des cultures par jardin.

L’innovation au service du bien-être maraîcher

Chez Les Fermes Debout, la technologie n'a qu'un seul objectif : rendre le maraîchage plus simple, moins pénible, et à nouveau désirable.

Cultiver une cinquantaine de variétés de légumes en bio et en pleine terre, c'est une prouesse physique et mentale. Un maraîcher en agroécologie passe en moyenne 50 % de son temps sur des tâches à très fort impact physique — désherbage, semis, plantation répétés des centaines de fois. Sans innovation, ce métier reste épuisant et difficile à transmettre.

💡
Chaque ferme intègre 8 systèmes robotiques — 2 par serre, 1 par hémi-serre :
- Un portique sur rails
qui se déplace au-dessus des cultures et s'adapte à différents outils : semoir de précision, planteuse, bineuse, rouleau plombeur . Il prend en charge les gestes les plus répétitifs et les plus éprouvants.
- Un logiciel de gestion agricole
qui aide à la planificationdes cultures, facilite l'organisation des interventions au bon moment et soulage les maraîchers de la charge mentale du "penser à tout".

L'approche est délibérément low-tech et économe en énergie, développée grâce à des recherches approfondies sur le maraîchage agroécologique, dont celles de l'INRAE. Les maraîchers pilotent, récoltent à la main et garantissent la qualité des légumes. Le robot s'occupe des tâches les plus pénibles.

Résultat : des maraîchers qui travaillent dans de meilleures conditions — et un métier qui redevient viable et attractif.

Une équipe, trois niveaux, de vraies perspectives

Chaque Ferme Debout crée en moyenne 30 emplois maraîchers — en CDI, avec formation, dans de bonnes conditions de travail. Le modèle s'organise autour de trois niveaux de responsabilité avec de vraies perspectives d'évolution.

→ Résultat : un système où la technologie est au service de l’humain, qui prouve qu'on peut faire de l'agroécologie à grande échelle sans sacrifier ceux qui travaillent la terre.